[ Elle imagine que le monde existe. ]

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12 novembre 2007

La plante s'appelle Prosper.

La_plante_s_appelle_Prosper

 

Lorsque viendra le dernier jour, j'aurais peut-être la peau séchée par le temps, mes cheveux toujours décoiffés, seront peut-être blancs. Des mains tenues par des corps, sortirons du néant. Je sentirais le vent glisser sur ma nuque courbée, peut-être. Ces corps, je les dessine déjà, ils sont petits et grands, de toutes les tailles et de tous les mondes. Ils poseront, un à un, leur main doucement sur ma peau. Je leur dirais ah, vous voilà. Je leur dirais, ça faisait longtemps n'est-ce pas? Je murmurerais leurs noms, peut-être d'une voix tremblante, je les compterais comme ça du bout du doigt.

James, Brin d'ïle, Olivier, Capitaine Jama, Blooz, Diabolo, Kalispera, Swim, Shoah, les Arlequins, Milo.. Milo..

Une masse de mains blanchâtres auront déjà envahie ma peau, et ma silhouette disparaîtra sous le poids de leurs corps comme un noyau de pêche sous une colonie de fourmis blanches. La dernière main viendra se serrer autours de mon cou, des cheveux rouges viendront se nicher au creux de mes cheveux blancs, des ongles fins entreront dans ma nuque pour la perçer, et un vent glacer viendra enfin balayer tout ça.

En attendant, on joue aux billes sur une plaque d'égouts, au sommet d'une falaise qui donne vue sur Mille-Pourpre, le vent est tiède et chaque matin, le jour se lève. Ici comme ailleurs. La plante s'appelle Prosper.

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