[ Elle imagine que le monde existe. ]

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13 novembre 2007

Interlude un peu noire.

happy_halloween

Les jeux d'avant me manquent. Les petites bastons de récré sur parquet, les soirées improvisées, les jeux de cartes, les Iles et les Ailes qu'on fait semblant de pas perdre, les rires qui ne s'arrètent pas. Tout ça brule encore comme une flamme qui lutte contre le vent, comme une flamme fatiguée. Et je fais des cauchemars. Personne à qui les raconter, ce soir. Je cherche des yeux les lignes qu'ils savent écrire pour être sur qu'ils sont toujours envie, et je grignotte le dernier salambos, fourré à la solitude sucrée. Derrière le portail de la cour de récré je regarde, ils s'amusent. Jouent à la marelle, à la corde à sauter, fond du cirque les uns avec les autres, se racontent des secrets du quotidien au creux de l'oreille. Je tente de grimper par dessus la grille, mais c'est trop haut. Toujours trop haut. Il fait beau de l'autre côté, ici il pleut.

Comme lorsque j'étais petite, Milo me tire par la manche et me dis viens, on à qu'à jouer ailleurs. On prend nos sac de billes, on monte sur la falaise. Et je regarde Mille-Pourpre et je regarde l'assiette vide, et je me souviens pourquoi est-ce que tout ça existe. Tout ça existe pour que je ne sois jamais seule. Tout ça existe pour me faire oublier que là-bas, dans la cour de récrée, les enfants s'aiment et s'amusent. Tout ça existe pour que je puisse tirer la langue et dire, lalalère.

Mais il fait froid et ma langue a gelé, est devenu glaçon trop dur à avaler. Les choses que j'aimerai dire s'accumulent si bien que je ne dis plus rien. Et c'est potentiellement de ta faute. J'aurais peut-être pas tout gaché si je t'avais pas aimé. Toi et moi on aurait peut-être rien sacrifié. Mon chapiteau est vide, mon chapiteau s'ennuie, j'entend au loin leurs musiques et leurs bruits. Je reste narrateur essentiel, je reste araignée bleu ciel, je ne suis pas rayée de l'histoire. Mais je suis narrateur, je ne suis plus. Personnage.

Soom a hurlé dans son micro, son corps secoué par les spasmes de la passion, Soom à hurlé Entrez le labo de.. Entrez dans le bateau de.. Moi j'ai senti une larme ingrate glisser sur ma joue en acceléré. Il a collé son corps contre le mien et il m'a fait danser. Et je me suis rappelé que le destin n'avait pas le droit. Puisque même Hamlette n'aurait pas voulu une fin pareille pour nous deux, n'est-ce pas? On a dansé comme ça, ma tête dans son cou, petit prince si solide et moi, Capitaine trop mou. Tout ça, ça n'aurait pas du se passer comme ça.

J'aurais jamais du être ici, à chercher partout sur la toile des signes qui disent Nous allons bien. J'aurais pas du être ici, loin de tout, prés de rien. Je ne suis plus la meilleure, amie, ennemie, ou joueuse de pocker. Je suis le narrateur, omniscient certes, mais qui flotte dans l'air. Faut se plier en mille pour les toucher du bout du doigt, avant c'était facile, tout était déjà là. Fait froid.

Alors on joue aux billes, moi et moi sous ma couette, on ferme les paupières on créé des rires imaginaires. On s'invente un soleil et une nuit sans lune, depuis la nuit des temps, depuis que moi et moi on est que des enfants. Des sales gosse capricieux, jaloux des gens heureux. Je me souviens maintenant. C'était un soir comme celui là. Une silhouette rouge sous mes paupières, a dit sans trop en avoir l'air : "Lorsque ton monde disparaitra, il t'en faudra un autre". Il avait prévu le coup, sauf que. Y'a comme un truc qui suffit pas.

Et ceux qui n'ont pas ça? Ils tombent?

Rendez moi mon réel.

Posté par salefee à 19:00 - Commentaires [0] - Permalien [#]

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