[ Elle imagine que le monde existe. ]

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20 novembre 2007

En attendant les chapiteaux.

L_allong_

Quelques années en arrière, des années revolutionnaires. Je croyais en tout, et presque en moi, et aux autres, et aux Rois et aux Fous. Je venais sans doute de couper mes cheveux. Je crachais sur les ombres paires, je sentais au fond de mon ventre que je pouvais changer le monde, et j'aimais pas l'amour. Je me foutais pas mal de ce qui pouvait bien m'arriver, je me foutais du départ comme de l'arrivée. J'avais autours de moi moultes pantins Exceptionnels et leurs sourires était l'unique définition de l'essentiel.

J'ai pas perdu tous mes combats. J'ai abandonné ceux de la rue, cessé de croire aux rois. J'ai gardé les Fous dans la poche. Je me suis battu contre des lunes, des clowns, des peurs. J'ai pas perdu tous mes combats, même si on dirait. Comme ça.  Autour de moi les sourires pleuvent, vous voyez. Les sourires pleuvent. Et même si c'est de la pluie, froide et humide, et même si avec tout ça j'ai pas beaucoup pensé à mon propre chemin, et même si avec tout ça j'ai froid, j'ai pas perdu tous mes combats. Regarde. Autour de moi les sourires pleuvent.

La jalousie est un poison.

Pour me sortir de mon trou noir, et du silence radio qui provient de nulle-part. Parfois on se promène, dans la tire à Verlaine. On refait le monde comme on peut, même si y'a plus personne qui en veux. On regarde les militants qui avalent les trottoirs en bravant le brouillard. On s'dit trop dur d'y croire. On s'invente un pays, un drapeau plein de couleurs, on s'invente des îles et des vies, sans mauvais deal et sans patrie. On écoute le Renard en sillonant des grandes routes noires.

Ailleurs je ne vis pas d'Idylle, pas d'histoire merveilleuse et pas de contes de fées, pas grand chose à montrer. J'suis née avec et j'en creverais. Comme un dimanche, en prolongé. Mais je n'ai pas perdu tous mes combats. Et aujourd'hui.

Je suis une bande de jeunes, à moi toute seule. Je suis une bande de jeunes, je m'fends la gueule.

Posté par salefee à 20:23 - Commentaires [2] - Permalien [#]

Commentaires

    ces défaites ne sont ni définitives, ni irrémédiables, ni perpétuelles ; que ce soit dans 60 ans ou dans 30 ou dans 10, les situations auront tellement changées que ...

    Posté par Jef (20six), 26 novembre 2007 à 22:15
  • ces défaites ne sont ni définitives, ni irrémédiables, ni perpétuelles ; que ce soit dans 60 ans ou dans 30 ou dans 10, les situations auront tellement changé que ...

    Posté par Jef (20six), 26 novembre 2007 à 22:17

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