03 novembre 2007
Lionnes et Lombrics.
J'avais vidé un peu tout ça. J'étais parti les mains dans les poches, finalement, et je me contentais de regarder au travers de la vitre du train, le ciel orange éléctrique, le soleil qui semblait se coucher loin de la ville encore une fois. J'étais parti comme ça, simplement. Je ne m'attendais à rien.
On ne peut pas dire qu'elle ai changé. Il faisait froid en permanence et c'est vrai qu'on mangeait peu, mais elle ne se rend plus vraiment compte de ça. Elle ne vit que pour ça, pour y croire, elle s'injecte comme elle l'a toujours fait, de l'espoir. Que ça soit dans le bras ou dans le coeur, elle s'injecte comme ça, de l'illusion et du bonheur, et de l'avenir qui protegerait du froid. J'ai pas vraiment levé la main pour dire que j'étais là, j'y étais juste. Parfois dans le décor, parfois ailleurs, les choses ont changé. Et j'en vois encore tous les jours, des vies gachées par l'amour. Le bel amour. Qui transforme les aigles en lombrics, et les liones en cloportes. Je les regarde tous, et je me regarde moi et je nours regarde nous, et je vois que personne n'est épargné. On finit tous par ramper, entre paranoïa et demence, tout le monde finit par entrer dans la danse. Je hausse les épaules.
Sous les vetements que j'entasse et que je porte en masse pour me proteger du froid, j'ai un corps recouvert de peau. Sous la peau j'ai des choses qui clochent, à l'interieur, là ou personne peut vraiment savoir ce qu'il se passe. Une santé sans thé que j'essaye d'ignorer, et je repousse toutes les échéances je diminue mes chances. Des petits rien qui vous affaiblissent, le corps qui resiste de moins en moins, et qui lance des messages non traduits que je ne comprends pas. Mon corps cet étranger.
J'ai tout de même retrouvé un peu les copains. Rassurée de voir que finalement, le peuple de l'étoile ne s'éteint pas comme ça. La veille du départ j'avais vu Soom, on avait bu du thé, on s'était retrouvé. Entre deux trains j'ai bu un café dans la celèbre cuisine de Keeps. Au retour c'est dans la nuit de Raël que je suis venu chercher un abris. Elle m'offre une nuit qui débloque enfin l'angoisse de ma page blanche. Dans un parc pour enfants au milieu de la nuit, au creux de la capitale jamais endormie. Pliés en quatre sur un tobogan, l'enfant sauvage et la gamine, il chante le réel, pince les cordes de sa guitare, il fait un peu moins noir. Dans ma tête je gribouille des mots, des pense-bète, j'ajoute, je barre, je fais des flèches. Je n'ai pas envie d'abandonner. Construire quelque chose de beau, au milieu du chaos.
29 octobre 2007
Schématisés.
J'en sais rien. Raconte-moi. Fais un schéma. Quelque chose.
Et dis moi, c'est comment d'arreter de vivre. Toi qu'est revenu de l'autre monde, raconte moi. Et dis moi, c'est quoi le buisness, et les armes les plus belles raconte moi, c'est lesquelles? Et comment on fait, pour être le Patron? Bon. Alors, des projets pour l'avenir? On braque une banque et on se tire. L'hexagone c'est trop petit, on manque d'air tu vois ici. Tiens raconte moi la nuit. Les ruelles sombres. Et toi qui sait ce que c'est : Ca fait quoi un flingue sur la tempe, comment on fait crier les ombres?
Raconte au milieu de la nuit, t'as le droit de pleurer. Aprés tout c'est ta vie, ce truc déchiré qui rougit. T'as le droit de pleurer mais, dis moi comment c'était toutes ces années?
Et j'veux qu'on traine la vie, comme moi elle m'a trainé, et j'veux trainer la vie, dans la boue et sur les rochers. Tu voudras bien? Je voudrais bien. Fais gaffe, t'as le poing serré, fais gaffe je crois que tu t'es reveillé. Et j'veux qu'on traine la vie comme elle nous a trainé. Y'a mille façons de se venger.
Les nuits bleues, des types en noirs, avec leurs capuches, leurs rasoirs, leurs putains de regard. Cousins, cousines, mafieux, buisness, les enfants du bitume ont les neurones noyés par l'amertume. Apprends moi à être un gangster.
Une seule devise : Ferme ta gueule.©
On aurait des flingues gros comme le bras, des étoiles d'argent gravés dans le métal froid. Apprend moi.
La fée Clochette a siroté tous les cachets, j'veux plus imaginer. Et j'veux trainer la vie, comme moi elle m'a trainé. Et je supporte pas, de pas avoir le choix. La Fée Clochette aurait donc replongé, j'suis fatiguée. Les vies autours de moi tu vois, se brisent en deux comme des coquilles d'oeufs, le blanc d'un côté et le jaune de l'autre, mais la vie. C'est pas du gateau. Et je ne suis toujours pas, un super héros.
Mais tu vois rien n'est perdu. Même si on a un peu tous l'impression de se perdre de vue. Tout n'est pas perdu. J'croise Loubard au coin d'une rue, vu que c'est un peu là qu'il est. A la rue. J'croise des sourires qui veulent y croire, qui donnent espoir. Je crois que la poésie peut encore surgir du brouillard. -La poésie, c'est quoi ce truc? C'est comme une moto qui vient fendre la nuit. -Ah dans ce cas, j'y crois oui. Et ça roule à combien dis moi, la poésie?
Voilà. Les filles et les garçons, les mystères qui tournent en rond, et ceux qui filent leurs corps, avant d'filer leurs noms. On regarde tout ça. La Morsure a posé sa négation dans mes phrases, a donné des rêgles à notre jeu, des pronoms posssifs devant chaque enjeu. J'ai baissé les yeux. Je crois à l'absurde et au surréalisme. Pas de sacrifice pour le reste, pas de pitié pour les peurs tenues en laisse. La peur aux trousses, ouais, jette un oeil derrière toi. Et ensuite on verra.
Moi j'ai serré les poings, affuté mon sourire. Moi je jure que demain, c'est ni comme aujourd'hui ni pire. J'allume une clope, je me pose sur le canapé. Je regarde le globe, tourner. Et on trainera la vie, comme elle nous a trainé.
22 octobre 2007
Capitaine, guerre en vue.
Astiquez vos revolvers. Sortez couverts.
Aiguisez vos sabres et vos épées, tuez en paix.
Des coups de poing dans le ventre, des lames invisibles qui se cognent dans le silence. Ici comme ailleurs, la guerre froide a commencé son oeuvre. A grand coup de silence et d'ignorance, d'un peuple qui se décompose dans la plus grande insouciance. Les morts ont le sourire, pour eux la guerre, c'est terminé.
Je fais partie des deserteurs, de ceux qui parfois préfèrent se coucher de bonne heure, se reveiller de bonne humeur. Je suis de ces cadavres qui jettent enfin les armes, de ces fantomes neutres qui regardent et sifflotent. On promène nos chaos en laisse, on construit nos barreaux d'ivresse. Les histoires de sandwich et le rôle du jambon, et les jeux du ni oui, ni non, bon. Je me fous pas mal de l'essentiel, ça n'a jamais été ça la vie. Du temps d'avant, on se parlait toujours de rien, tous ensemble là comme ça, de prés ou même de loin, l'essentiel on s'en foutait, on avait toujours quelque chose à se raconter. Non, on attendait pas que ça soit important pour parler. Les flots de conneries? Et bien oui, ça commence à manquer. Mais je suis deserteur, rouleur à l'heure, guerre froide ou paix trop chaude, oh, peu importe. Tu sais moi je demande rien, dis moi un mot je sourierais, j'ai juste besoin de sentir le monde exister. Gagnée par la neutralité.
Des petites choses se construisent, comme une compensation, au sein de l'atelier peinturluré du sol au plafond. Des habitudes naissantes, des petits mots sur du papier, des Bon putain, on va prendre un café? Des fous rires étouffés, des malins plaisirs à detester le monde entier, à râler. Un peu seules contres tous, c'est vrai, mais je finis par apprecier. Un p'tit crème, comme d'habitude? Des phrases récurentes qu'on se plait à connaitre. Hé, on se fume un pétard? Des coups de folies, de séchage intensif, des droles de chinois et des p'tites putes exaspérantes, de quoi occuper la journée. Dessiner des théières, des portraits, des drôles d'objets, des bars et des cafés, de la main droite, de la main gauche, des trucs beaux, des trucs moches. -On y va? -On fume une clope?
Les jours passent, le notre approche. Cache toi sous ta casquette, Gavroche. Les jours passent, loin d'être moches.
20 octobre 2007
Trouvée.
Plus le temps passe et plus je nous ris à la face.
Et puis tout ça je suis bien contente, que ça me dépasse. Vos histoires, comme les miennes, je vais mettre tout ça dans une boite, une de celles en feraille qui font du bruit, j'en ai plein. J'ai plus envie, de me demander, ou va ma vie. Je fredonne Etudiants, poil au dents sur le chemin des beaux arts, dans le quartier Saint Marc, je sais trés bien au fond qu'on est pas plus artistes qu'un autre, j'ai le sourire narquois qui fait du bien aux côtes. Et je me mord la lèvre de me dire que tu vas arriver, que c'est tes côtes à toi que je pourrais longer. Je retrouve l'insouciance de ceux qui ne savent pas ou ils vont et qui en jouissent. Je ne pense qu'à l'Afrique et au verbe Partir. Je pense à Ël et à ce néant qu'est l'avenir. Maman quand j'serais grand, j'voudrais pas être étudiant. Ah et qu'est-ce que tu veux être? Je sais pas moi, poète?
Jin a les mains écorchées par le poisson qu'en bon pirate il a peché, et j'essaye de tisser une toile independante de notre passé. Simplement rencontrer quelqu'un que je n'ai jamais connu. Et rester neutre ou du moins essayer. Je crois que, peu importe qui vous êtes, ce que vous avez fait de pire j'en suis capable aussi, et je ne peux plus me permettre de grogner. Alors j'ai simplement pleuré, et enfin j'ai dis Enchanté. Il n'y avait rien d'autre à dire. On prend les mêmes, on recommence.
Les trains sont restés sur les rails, l'air de dire Plum, tu dérailles. L'air de dire reste à ta place, la Morsure va faire volte face. Et pourtant je n'abandonne rien, j'enfonce mes ongles dans mes mains, on verra bien. Le soleil jette sous mes pas une lumière qui me ferait presque pleurer, et je trouve que tout ça c'est beau, tout ça n'importe quoi, une poubelle, un roseau. La lumière qui révèle les legendes, et la voix de la ville qui le soir me demande : Soleil? Couche toi sur moi. Et moi soleil, avec mes pauvres rayons de miel, inévitables, je ronronne et je mets les pieds sous la table. Et si ça fait du bien, est-ce que c'est anormal? Et je pense à l'Afrique.
Tous ces besoins à satisfaire, tous ces gens à qui faudrait plaire? Je me suis trouvé. Ceux qui veulent peuvent me suivre, ceux qui veulent peuvent m'haimer. Maintenant vous savez. Je me suis trouvé. Lancez les dés, partez, revenez, moi je suis là, pour qui que ce soit. Je me suis trouvé. J'ai fermé les yeux, j'ai imaginé le desert. Rendez-vous compte que ça existe, le desert. J'irai. Les volcans? J'irai. Les fôrets, les glaciers? J'irai. Le roman? Je le ferais. Je me suis trouvé. J'étais caché.
18 octobre 2007
De la cave au parking, c'est vachement enrichissant.
Combien de potes, combien d'amis nous passent à côté tous les jours? A force de n'suivre que nos avis, combien de centaines de fois on se gourre? Combien l'on a d'à priori? Combien de milliers d'fois on s'gourre? A force de n'vivre que nos envies, combien de millions de fois on s'gourre, combien on manque d'histoires d'amour?
Allongée là sur le tapis de l'existence, je me suis surprise à rire en pensant à tout le temps qu'il nous reste. J'ai envoyé valser les interrogations, alors comme ça je n'y peux rien, tu as déjà gagné, tu m'appeleras encore ma puce et j'ai pas finis de gueuler, et rien ne sera parfait et j'aurais plus qu'à savourer, tu as déjà gagné puisque je finis toujours par sourire, par dire allez viens là, il est 23h50 et rien n'a l'air de vouloir changer ça. Tu seras toujours là pour t'assurer que j'prends soin de moi, tu seras toujours là inquiet, toujours là à m'aimer et moi là allongée j'aurais appris à savourer, cette tendresse convulsive qui dégouline à m'faire gerber et qui pourtant fait frissoner. Je pourrais pas changer n'est-ce pas, j'ai pas fini de me reveiller au milieu de l'odeur des pains au chocolat. On se levera encore cent fois au milieu de la nuit pour faire des trucs bizarres et de la magie pas permi, j'ai plus envie de me demander, ni ou on va ni jusqu'à quand ça va durer. T'as pas fini de prendre des risques, de tout faire pour me retrouver, de tout quitter. Et j'y peux rien de toutes façons et tant pis si un jour on a l'air con puisque le piège est refermé et qu'on finit toujours par rire avec nos voix enrouées. Je savais pas que ça existait alors oui je suis effrayée. Et puis à côté de ça il y a cette histoire dans le Noir qui n'a tellement rien à voir, ce truc incomparable qui mord qui frappe qui donne des coups de pieds sous la table, ça s'appelle la Morsure et moi je fais n'importe quoi, j'ai comme un compte à rebour dans la doublure, j'attends d'exploser tu vois. Pourquoi est-ce que je fais ça. Je sais pas mais il fait beau ça excuse tout et je dis que je suis jeune que je suis con que t'as fais pire de toutes façons, je me trouve mille raisons. Je m'enferme encore tout au fond de ma tête mon imagination, on va jouer dans le grenier de nos souvenirs sucrés, avec Milo et puis les autres, comme si tout existait, on s'y pique on s'y frotte, on s'donne des coups d'épées. Appelez moi Inconsciente, j'vous jure que je répondrais. Dans la caisse de Verlaine, on chante Mimi l'ennui. Y'a des jours elle est belle, y'a des jours elle est moche. Elle aime rien, même pas les copains. Elle dit que tout l'emmerde, que les gens sont méchants, qu'elle a plus rien à perdre, qu'elle est tout vide dedans. On chante ça ouais, en riant trés fort, puis je sais qu'on y repense, le soir quand on s'endort, alors on dit : Elle s'ennuie, Mimi. Peut-être que ça nous ressemble, ou bien peut-être pas, on en rie on en tremble, et puis la vie c'est ça, on en fume un puis deux, puis trois, on regarde le temps qui coule, le monde entre nos doigts. Moi je vois pas le bout du chemin, et puis ça fait du bien, j'vois les étoiles tomber, presque là à mes pieds, j'ai de la route qui m'attends et je vais mordre dedans, parce que j'en fais des tonnes, pourtant c'est minuscule. Parce que si ça m'étonne, au fond c'est ridicule. Parce que le monde est grand, et que j'veux bien grandir, si c'est pour prendre le temps, voyager et sourire.
17 octobre 2007
Cup ou pas cup.
Est-ce que chaque clope que l'on fume nous rapproche d'une fin quelconque? Racontez-moi. Est-ce le fait de se déchirer dans tous les sens pour braver les distances possède un réel interet? La première qu'on allume, les paupières soudées par le miel du sommeil, on pose le briquet comme ça et puis dans le silence du matin, ce simple bruit d'un objet qu'on lache sur un autre, ça reveille le monde. Le briquet vert sur le bureau rouge. Je me souviens mal de ma nuit j'ai une sale impression dans la bouche. Le Fou dit que ceci, et que celà, moi je cherche la petite bète et lui tout là-bas broken heart, je ne fais pas vraiment exprés, mais là sous ma couette au milieu de la nuit, alors que tout Mille-Pourpre m'appelle toi tu me dis des non et puis des oui et moi je baille, tu m'ennuies. Et si tu pars je me met à courir mais dis moi ce que je vais devenir. Est-ce que la magie possède une date de peremption, pourquoi les contes sont ils tous prisonniers de leurs couvertures en carton? Je ne fais pas exprés. Et moi aussi j'ai peur à chaque fois que je demande l'heure. Alors voilà derrière le tissus des paupières les personnages de mes actions sans image, eux ne s'arrètent jamais tu comprends, eux ne peuvent pas se périmer. Ils ne prennent pas une ride, pas un pli, ils gardent leurs peaux lisses et leur magie. Mais nous regarde, pourquoi faut-il que je sente mille grains de sables dans nos chaussures, qui a bien pu écrire sur nos murs No Future. J'en rallume une. Dans le silence du matin j'aurais aimé des morceaux de ta peau dans mon dos, que tu cesse de dire je suis là, que tu te contente d'y être. Se déchirer dans tous les sens pour braver les distances, est-ce que c'est à cause de ça? Une petite eternité a eu le temps de s'écouler, je me trompe tu te trompe, je te, tu me. Faudrait songer à me rappeler tes traits, autre chose que la voix enrouée, bientôt, oui, je sais. Et moi qui n'aime que les legendes, me voilà bien servie, c'est trop beau pour être vrai n'est-ce pas, alors peut-être que c'est faux, vas-y, pleure pas. J'dis ça comme ça. Donne ta main si t'es là. Tu vois. Tu y es pas. Comment on fait pour s'habituer, comment on fait pour pas hurler. Nous et les autres aussi je les vois, tout le monde essaye de s'acharner, se donner l'illusion d'une présence une étude de marché mais moi je veux courir. Depeche toi il fait froid. Mille Pourpre n'a besoin que d'un pas, mes racines sont là-bas, mon crâne et mes bras, va falloir me tirer pa les pieds, puisque c'est tout ce qui touche terre, va falloir me dire allez viens, on prend l'amer on s'attrapera dans les airs. Un megot de plus pour Cendrillon, qui n'ira plus au bal pour voir couiner les guenons en talons. J'irais faire un tour dans la caisse de Verlaine, on écoutera du Renaud je lui dirais que je t'aime, et à toi je dirais va te faire foutre, on va encore rire pas de doute. Elle me tendra la bière, on chantera, j'veux plus personne dans ma bagnolle, j'suis mieux tout seul, j'conduis d'une main de l'autre je picole, j'me fends la gueule. Je fumerais la troisième sur la route, viens me chopper par la capuche, ça fait chier tous mes doutes, je veux pas d'un amour en peluche. Cup?
16 octobre 2007
Comme tu balançes.
Les matins sont brumeux, brouillard épais s'accroche aux clochers, aprés la première heure de cours le soleil finit generalement par s'étendre, par couler dans chaque rue, par se méler au froid. Je sillonne toujours les rues et les cafés, Priscille à mes côtés, matin, midi, et soir. Je crois que si je reflechissais, j'aurais mille raisons de me sentir mal, mais j'ai cessé de reflechir et je suis simplement là, simplement bien. Je sculpte des morceaux d'argile, je donne un coup de pinceau ici, un autre là, je gribouille sans trop y croire, simplement ça me fait du bien. Et derrière tout ça, il y a le rêve, l'accomplissement tant convoité, et c'est depuis peu que je me dis qu'un jour, vraiment, j'y arriverais.
Oh le temps passe oh regarde, des peurs qui se cassent des secrets qui se gardent. J'ai décidé de profiter je ne me laisse plus vraiment le choix, et je dis chiche à tout et me voici, et me voilà. Plus que jamais je vais contre la morale et contre le bien, je frôle du doigt la Fleur, et de l'autre le Mâle, je ne suis pas Baudelaire. Etre un mauvais exemple, et suivre une bonne étoile, s'amuser à faire chier l'araignée sur sa toile. Comme une sale gosse pas sage et tout à fait consciente, et ce sourire un peu sadique qui fait mal et qui hante, sachez que c'est le mien, que j'en ai plein les mains, et que tant pis. Je sais déjà que tout s'écroulera, et je construis quand même. Et je resiste à tout, sauf à la tentation, et j'encaisserais les coups le jour ou j'aurais fais tomber le ciel sur la maison. Bientôt le retour de mon passé, bientôt Jin m'appelera peut-être Aglaé pourtant, c'est à peine si je suis Fée, à peine si je m'y suis fait. Bientôt Personne posera ses groles ici, je lui raconterais le rêve d'une petite vie, j'lui chantonnerais ce que j'veux, j'dirais tout plein j'dirais tout Rien, j'dirais que j'veux devenir une saloperie d'écrivain, et mon propre employeur, qu'en baver faudra bien, que ça me fait même pas peur, moins que le quotidien qu'on me propose ailleurs.
Benoït Dorémus est un génie, et moi aussi, si je veux. Ouais.
14 octobre 2007
La couleur de mes pompes.
La couleur de mes ongles, la couleur de mes cheveux, de ma vie peut-être, bon. Orange. Ca ne veut rien dire mais j'arrive ainsi à cerner cette courte période de ma vie qu'est le présent, la période orange, et elle va durer. Le présent va durer. Même si tout semble un peu de travers, même si des fois ça fait chier sans qu'on sache pourquoi. Je me fais vieux loup de mer solitaire dans ma cabine en bois ma chambre sous les toits. Il y a le monde d'un côté, la balançoire de l'autre, j'y passe des nuits à rêvasser, des journer à écrire ou à gribouiller. L'encens s'y consumme sans arret les clopes s'y fument à longueur de journée. On y boit toujours du thé. Peu importe l'endroit. Keeps sourit doucement dans la pièce d'à côté, on glande sous la couette on fume on parle, on pose des questions sur l'origine du monde et sur ces trucs qui se passent sans qu'on sache vraiment. Puis on est bien, là, sous le soleil qui traverse le toit qui éclaire la fumée qui s'évade de nos doigts. Comme avant, il y a longtemps, exactement comme avant. Alors tout est possible. Moi je décide de tuer mes remords je regarde les gens je me dis que tout le monde se permet tout, pourquoi pas moi. Je décide de m'en foutre, de me laisser pousser les envies et de ne plus, me torturer. J'assimile des données, des gens qui viennent, qui partent, des sourires qui flottent joliement comme des bulles et qui parfois, éclatent. Rien n'est grave, et tout va bien. Et j'apprécie de vous revoir et c'est simplement ça et tant pis si des fois, je gère pas. Je ne suis peut-être pas, ce qu'on attend de moi, mais. Lève toi et marche, je ne suis pas. C'est simplement bien, de se croiser comme ça, faut pas chercher plus loin, pas se rentrer dans la tête avec les doigts. Les choses changent bien et puis quoi? Regarde nous, on vaut mieux que ça. Allez fais un sourire pour voir? Voilà. On est bien, là. Le Fou fait comme une voix Off dans ma tête, bientôt tu te materialises bientôt t'arrète de pencher comme la tour de pise, bientôt tes yeux bientot tes bras, et je me coulerais dans le mouvement du moment, à savoir être deux et être contents, quoi, t'es pas content? D'accord j'arrète, Keeps se foutra bien de moi quand j'aurais ta silhouette entre les doigts et que je pourrais plus m'en décoller parce que putain, tu seras Là. C'est dimanche. On s'est reveillé avec Keeps, mes pieds à sa tête et ma tête à ses pieds, le gros chat sur la couette enroulée, un rayon de soleil un paquet de clopes qui trainent. On se sourit ensommeillé, la vie, la vraie. On mange des biscuits et on boit du lait, on se souvient on rie, on a rien à faire on est pas pressé. Et le temps nous sépare encore qu'est-ce que ça peut bien faire, on se retrouvera toujours là comme ça et ça au moins, ça ne changera pas. Tiens, une certitude, c'est la saison. Ca fait du bien. J'ai des tas de trains à prendre encore, et parait que le Magicien vire de bord, parait qu'il va débarquer là bientôt peut-être que j'y verrais clair, il me racontera des histoires de bateau et je le croierais aveuglement comme je l'ai toujours fais, à tort ou à raison, on s'en fout, au fond. Peut-être que j'aurais des réponses et puis des questions. Regarde il fait beau, on écoute du skin-head reggae on savait même pas que ça existait, bon, on rigole. On est bien hein putain? On est là on fout rien. On est bien, hein, putain. Et puis on laisse le temps couler à quoi bon le voir dérailler, on pourrait peut-être, je sais pas moi, respirer. J'ai plein d'histoires à vous raconter, faudrait que je vous parle de la petite pute des Beaux Arts et de ma petite haine, et de combien j'ai envie de lui écraser ma clope entre les deux yeux, puisqu'elle a du yop vanille dans la crâne et que vraiment, pute. Faudrait que je vous parle de l'Afrique qui m'appelle et que je vais bientôt frôler, avec Raël à mes côtés, pour de vrai. Faudrait que je vous parle du monde qu'est immense et de ce piège étrange qu'est le cycle scolaire la maison les vacances, faudrait que je vous dise un jour, bien haut bien fort, que de toutes façons la vie aura tort, que j'veux pas me faire baiser comme ça, que moi je vais partir que de ma vie je ne veux faire que ça. Faudra que j'vous raconte, comment on se sent quand on dit Je t'aime et qu'on y croit de tout son coeur et que ça fait même pas peur, et qu'à côté de ça, on fonce droit dans le mur theière entre les bras. Ouais faudra vous raconter ça. Un jour. Mais là, café, clope, et révalités.
04 octobre 2007
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03 octobre 2007
Lettre à Luna.
Chère Luna,
Je suis sur le mat du petit rafiot que tu m'as créé, le Cup Of Tea. J'ai dressé la voile et je m'apprète à partir. Je glisserai cette lettre dans une bouteille que Brin d'ïle te remettra. C'est bien la première fois que je te préviens quand je pars, je suis plutot du genre à foutre le feu et à disparaitre sans un mot, tu as l'habitude. Mais je sais que les temps sont durs, et cette fois je ne passe pas dans le camps des méchants : Je fuis. Je vais revenir. Je fuis.
Le nouveau type que tu nous as amené a l'air bien, il est temps que tu le vois. Il est comme tu voulais, je crois : Bleu ciel de la tête au pied, comme recouvert d'une peinture opaque, les cheveux la peau les habits, il est bleu sans nuances, comme les Arlequins. Il est du genre costaud, assez imposant, il a des dreads énormes comme tu le voulais, de trés grandes mains et beaucoup de talent. Il a le visage d'un africain bleu, c'est bien ça hein? Je le trouve trés beau, bon boulot. Il ne manque rien, et je ne pense pas que celui-là rejoigne le camps des inachevés. Il a une voix formidable. Comme prévu il adore la ville bleue, et il compte y installer son studio, je pense qu'en ce moment même il est en train de le construire, avec ses mains bleues, ses planches de bois bleu, il doit siffloter un air de Reggae Bleu. Il fait beaucoup rire Brin d'Ile et le fantome d'Olivier. Ce dernier l'accompagne si bien, au piano, c'est beau tu verras. Tu verras n'est-ce pas? Combien de temps que tu n'es pas venu.
Deux nuits. Tu sais combien à Mille Pourpre les nuits sont des années. Il faut absolument que tu passes, ce soir, les gens ici ont besoin de leur dose d'imaginaire, et je ne pourrais plus leur donner à ta place. James s'est allié avec le Capitaine Johnny Jama, le traïtre. S'il y a bien une chose que tu as réussi chez celui-là, c'est sa lâcheté. Mais c'est comme ça que tu le voulais n'est-ce pas? James le traitre aux yeux clairs. Bref, ils comptent attaquer ton navire dès que tu auras posé la dernière planche, la dernière theière sur la dernière étagère, et le dernier tonneau par terre. Nourrie bien ton armée Luna, elle manque de force, et ça serait dommage que quelque chose dérape.
Je ne sais pas si ce que tu dis est vrai, je ne sais pas si tu es un monstre. Je suis comme toi je ne comprends pas, et puis tu as cette chose que je n'ai pas et que personne ici ne peut avoir : Tu as une théière. J'aimerais t'aider mais j'ai parfois du mal à savoir, ce que ça represente. C'est si fragile, si precieux, on y fait tous trés attention ici tu sais, dès qu'on la croise on lui sourit, c'est un peu comme une Reine sauf que c'est un objet, un objet qui palpite. Ce qu'il se passe à l'interieur m'a toujours dépassé, et aujourd'hui encore je ne peux pas t'aider. Depuis deux nuits que tu n'es pas là, je vais la voir. Je traverse la Ville Bleue, je longe la lagune, je contourne le petit cirque noir, je traverse le champs de l'Incertitude (Elles murissent, à ce sujet, il faudra bientôt lancer la cueuillette) et je m'assois par terre dans la nuit noire, je la regarde. Parfois elle me semble immense, l'instant d'aprés minuscule. C'est un peu flou, et tellement opaque. Il s'y passe quelque chose d'étrange et je ne sais pas si tu es au courant, de son bec il s'échappe des papillons magnifiques, par contre sous son gros ventre de porcelaine, grouillent des centaines de petites araignées. Est-ce que c'est normal Luna? Je ne suis pas sur que ça soit, être un monstre, mais est-ce que c'est normal? Je me vois dans l'obligation de fuir. J'ai pris mon flingue de pirate, le tout premier que tu m'ai créé, tu te souviens comme on était seuls à cette époque? C'était triste et pourtant ça me manque. Tout ce monde autours de toi maintenant, autours de nous, ça fait du bruit tu sais. Je l'entends ta vie, toute ta vie Luna je l'entends comme un bruit de fond, tout ce que tu entends je l'entends. Je me vois dans l'obligation de fuir.
J'ai beaucoup plus de conscience que les autres, je suis le début, je suis le premier, et là je n'y arrive pas. Le plan n'a pas marché, pourtant il marchera, un jour il marchera. Cette foutue porte finira par s'ouvrire, je finirais par arriver. On finira par le détruire Luna, ce réel. Par l'envahir, le faire sourire, le faire mourir. Je n'ai plus la force de me moquer de tes amourettes, tes histoires de peau et de peur, ça m'insupporte trop de ne pas comprendre. Et là tu dirais : "Milo, tu ne sais même pas la chance que tu as.", mais je me pose une question Luna : Cette putain de theière sur laquelle on veille tous, pourquoi cherche tu à la proteger si tu la detestes tant? Je ne comprends pas, je ne comprends rien. Dedans tu en laisse mille, puis un seul, puis la moitié, puis deux et demi, puis plus personne, ça s'ouvre et ça se ferme, je les vois défiler, et je ne peux même pas entrer. Ils ont le Coeur, moi j'ai la Tête, c'est ainsi je n'ai pas le choix. Mais tu m'as créé curieux et espiègle, souviens-toi. Tu m'as créé aventurier, tu as fais de moi une Legende, et j'aurais du rester là sagement? Tu n'as pas créé quelqu'un de sage. Ni de respectueux. Je suis le meilleur dans le pire et tu ne peux vraiment rien dire. Alors oui, j'ai forcé un peu, et j'ai ouvert le couvercle, et j'ai regardé à l'interieur. Je me vois dans l'obligation de fuir.
Je ne savais pas que c'était comme ça. Je veux dire, le bordel à ce point. Je ne savais pas que ça faisait autant de mal et autant de bien. Je ne comprenais pas j'étais si loin, tellement loin de pouvoir cette fois, imaginer. Je ne sais pas ce qu'est un monstre Luna, mais peut-être que c'est ça, en effet. Malgré tout, est-ce que les monstres crachent des papillons? Ce ne sont pas des questions que je veux me poser, je ne suis qu'un enfant au fond. Je me vois dans l'obligation de fuir.
Je retourne au Néant pour quelques temps, beaucoup moins que la dernière fois rassure toi, et puis je pars seul. Simplement le temps d'oublier. Je reviendrais peut-être demain, peut-être plus tard, je n'ai aucune notion du temps lorsque Nunca n'est pas dans le coin. Mais j'ai tu sais quoi dans la poche, alors je pourrais revenir dès que je le desirerai. J'aurais aimé te dire tout ça en face, mais tu n'es pas venu cette nuit encore, c'est à peine si tu as dormi. La tension va finir par monter à Mille-Pourpre, n'oublie surtout pas de passer les recharger un peu. J'aimerais te dire que tu vas me manquer, Capitaine, mais laisse moi rire.
Essaye de ne pas te faire embrocher d'ici là, piraton de base. Et bien le Bonjour au Réel.
Oniriquement Tien, Milo.









