Le soleil se couche.
Tout ça en vrac.
Des mots, des phrases. Questions, réponses. Des mégots froids dans un cendrier, le vent les portera.
Je ne vais pas vraiment raconter, le monde entier se moquerait. Et personne n'a besoin de savoir. Fée à peu prés Fou. Je ne vais pas vous laisser calculer l'angle de ma dégoulinure, mesurer mon sourire rougissant avec un décimètre, je ne vais pas vous faire le bilan des mots ridicules que je me suis mise à employer, il n'y a que moi qui ai le droit d'en rire, et lui accessoirement.
J'ai repris certains trucs que j'avais oublié. Prendre un bain, faire de la Fimo, écouter du reggae, parler aux inconnus. C'est peut-être parce que j'ai récupéré ma chambre, que je me sens dans le même état qu'il y a un an, en quiète de nouveau, de rencontres, voyages, sourires. Des mégots en plus dans le cendrier. Le vent me portera, il m'a toujours porté, sur ses petites épaule blanches. Je m'accroche à la tignasse rouge, sur les épaules du vent. J'ai rêvé que les pirates t'avaient attaché au mat, ils t'avaient gravé mon nom dans le dos, tu plaidais coupable, tu m'aimais et ils n'étaient pas d'accord. J'ai peur. Si tu savais pauvre Fou.
J'ai trop de ficelles au bout des doigts, et je fais des noeuds. Je ne sais pas comment je me débrouille pour tisser ces liens improbables, faire autant de mal, à droite, à gauche. Je tire un peu par ci, une peur par là, mais sans le vouloir j'ai brisé les ficelles de vos sourires, et mes doigts s'agitent dans le vide, il n'y a aucun membre à actionner. Je n'y arrive pas.
Les cris et les larmes qui déchirent la nuit me rappellent ces pouvoirs magiques que je n'ai pas. J'aimerais claquer des doigts, dessiner la case Ciel que je vois autour de ton crâne, mettre des étoiles ici, et là, faire de ton sourire un empire invulnérable, et ne plus avoir ce rôle de tuteur bancal, ce rôle de mauvaise sorcière qui oublie ses formules. Je savoure nos rares instants d'innocence, nos heures de glandes, nos pas de danse devant la scène, et à chaque fois, sur le moment j'y crois vraiment, qu'elle n'y pense pas. Quand je la vois tirer sa reverence, j'ai le sourire qui monte au septième ciel, mais putain redescend Plum, ne rêve pas trop, tout ça n'est qu'un masque. Encore. Pourtant je m'y accroche, et tant pis si j'ai tort. Je ne veux toujours pas guérir et j'aimerais ô combien te voir dire qu'il n'y a rien à soigner, avant d'abandonner..
Le soleil se couche sur la ville, pour certains tout s'arrête pour d'autres tout commence dans l'usine, le soleil se couche sur la ville, et tout le monde se croise, dans un balai des plus subtiles..
